Dans son silence d’Alex Michaelides

« Il est étrange de découvrir la vitesse à laquelle on s’adapte à l’univers étrange d’un service psychiatrique. On se familiarise avec la folie. Et pas seulement celle avec des autres, avec la sienne aussi. Nous sommes tous fous, je crois, d’une certaine façon. »

Dans son silence, écrit par Alex Michaelides dont c’est le premier roman, est un thriller psychanalytique d’inspiration Freudienne.

L’histoire raconte la rencontre thérapeutique d’un psychiatre, Theo Faber, et une patiente, Alice, murée dans son silence depuis la mort de son mari pour laquelle elle a été déclarée coupable, puis placée en institution psychiatrique.

Le jeune psychiatre n’a qu’une obsession : être celui qui réussira à la faire parler pour enfin découvrir les circonstances de ce meurtre qui reste, malgré la « coupable » arrêtée, un mystère…

Il va enquêter sur sa vie, tenter une thérapie en face à face, jusqu’à mettre sa propre vie personnelle en danger…

Pourquoi Alice reste-t-elle mutique ?

Déclarée coupable, elle n’a pas décroché un mot depuis qu’elle a été retrouvée près de son mari assassiné. Dès lors, toutes les questions sont possibles ? Est-elle vraiment la tueuse ? Pourquoi ne parle-t-elle pas ? Pourquoi ne se défend-t’elle pas si elle est innocente ? Bref, le suspense psychologique est omniprésent au travers ses questions et l’intrigue, finement menée.

« Les innocents, souligna-t-il, tendent à clamer leur innocence, et à maintes reprises. Alice, non contente de rester muette, ne manifestait aucun signe tangible de remords. Elle ne versa pas une larme pendant les débats, un fait dont la presse fit grand cas. Son visage demeura impassible, froid. Figé. »

L’écriture est puissante, stylée et l’auteur nous perd à souhait, pour finir par nous surprendre avec une fin très bien amenée, insoupçonnée et surprenante…

L’histoire alterne les points de vue entre l’enquête de Théo et l’histoire d’Alice, le présent et le passé. Les personnages sont bien travaillés, énigmatiques et prenants. L’immersion dans leurs vies est totale et haletante. On reste accroché à ses pages, qui se tournent sans y penser, pour arriver à se laisser manipuler par l’auteur, pour notre plus grand plaisir !

Synopsis :

LE THRILLER PSYCHANALYTIQUE QUI VOUS LAISSERA SANS VOIX

Alice, jeune peintre britannique en vogue, vit dans une superbe maison près de Londres avec Gabriel, photographe de mode. Quand elle est retrouvée chez elle, hagarde et recouverte de sang devant son mari, assasiné, la presse s’enflamme. Aussitôt arrêtée, Alice ne prononce plus jamais le moindre mot, même au tribunal. Elle est jugée mentalement irresponsable et envoyée dans une clinique psychiatrique.


Six ans plus tard, le docteur Theo Faber, ambitieux psychothérapeute, n’a qu’une obsession : parvenir à faire reparler Alice. Quand une place se libère dans la clinique où elle est internée, il réussit à s’y faire embaucher, et entame avec elle une série de face-à-face glaçants dans l’espoir de lui extirper un mot. Et alors qu’il commence à perdre espoir, Alice s’anime soudain. Mais sa réaction est tout sauf ce à quoi il s’attendait…


Dans la veine de Mensonges sur le divan d’Irvin Yalom, un redoutable mélange de suspense et de psychanalyse qui ravira tous les lecteurs avides d’histoires prenantes.

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Glacé de Bernard Minier

« La seule espèce dangereuse pour l’homme, c’est l’homme lui-même, songea Servaz. »

Glacé est le premier thriller écrit par Bernard Minier, en 2011. Il met en scène Martin Servaz, un flic de Toulouse, qui se voit refourguer l’affaire d’un meurtre pour le moins étrange, celui d’un cheval, commis dans des conditions extrêmes, puisqu’il est retrouvé pendu en haute montagne.

Ce livre rappelle, par ces aspects montagneux, son environnement d’un blanc asphyxiant, son flic intelligent et persévérant, l’horreur des actes commis, celui d’un certain Jean-Christophe Grangé, Les Rivières Pourpres.

Martin Servaz nous entraine avec lui dans cette enquête troublante qui nous tient en haleine du début à la fin de l’histoire. On se prend de sympathie pour cet homme brillant, cultivé, intuitif, bien qu’un peu dépassé par les nouvelles technologies.

L’auteur dissémine des indices à mesure que l’on progresse dans le récit, tout en maintenant une tension palpable, une atmosphère glaçante qui nous fait frissonner à souhait. Un excellent premier roman et, comme il y en a eu d’autres depuis, je vais me faire un plaisir de retrouver Servaz dans d’autres aventures…

 

« …le mal n’était pas quantifiable, ni réductible à un principe scientifique, à des considérations biologiques ou à une théorie psychologique. Les esprits soi-disant forts prétendaient qu’il n’existaient pas; ils en faisaient une forme de superstition, une croyance irrationnelle pour les esprits faibles. Mais c’était simplement parce qu’ils n’avaient jamais été raturés à mort au fond d’une cave, qu’ils n’avaient jamais regardé des vidéos d’enfants violentés sur Internet, qu’ils n’avaient jamais été enlevés à leur famille, dressés, drogués et violés par des dizaines d’hommes avant d’être mis sur le trottoir d’une grande ville européenne, ni conditionnés mentalement pour se faire exploser au milieu d’une foule. »

 

Pitch :

Dans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d’une journée glaciale de décembre, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le corps sans tête d’un cheval, accroché à la falaise.
Ce même jour une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée. Le commandant Servaz, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier l’enquête la plus étrange de toute sa carrière.

Pour aller plus loin :

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Vous pouvez regarder la série inspirée du livre via Netflix

La Femme à la fenêtre d’A.J Finn

« Je regarde par la vitre. Cela fait presque dix mois que je ne suis pas sortie dans les rues ni montée dans une voiture. Presque dix mois que je n’ai vu la ville que depuis mes fenêtres. »

 

La femme à la fenêtre, écrit par A.J Finn dont c’est le premier roman, est un thriller psychologique d’inspiration Hitcockienne.

Anna Fox, ex pédopsychiatre, héroïne agoraphobe, droguée aux médicaments et au vin, passe le temps entre le visionnage de polars classiques en Noir et Blanc dont elle raffole ;  son ordinateur pour jouer aux échecs et échanger sur un forum avec d’autres personnes atteintes d’agoraphobie (phobie correspondant à la peur des lieux publics, des espaces ouverts dans le sens commun. C’est plus précisément la peur de ne pas pouvoir fuir ou être secouru rapidement – source Wikipédia) ; et son autre hobby, l’espionnage de ses voisins au travers de l’objectif de son Nikon D5500.

Jusqu’au jour où elle va penser « voir » un meurtre chez les Russell, la famille de la maison d’en face…

Elle a tout vu, mais faut-il la croire ?

Prisonnière de sa maladie, de ses addictions, de sa maison…. La voilà également prise au piège par son cerveau et ses pensées, par ses sens qui semblent la tromper. A-t-elle halluciné ?

La mise en place de l’histoire est un peu longue, mais si vous arrivez à dépasser cette première partie, vous serez pris dans les méandres d’un esprit tortueux qui tente de ne pas se laisser submerger par les obstacles autant extérieurs, qu’intérieurs avec ses propres démons à combattre.

« Puis – un, deux, trois, quatre – je commence à marcher. Je tangue comme si j’avais trop bu. De fait, j’ai trop bu. Un, deux, trois, quatre. »

 

Ce roman est un bon polar, le suspense monte crescendo pour dévoiler au fil des pages une intrigue bien ficelée (même si certains aspects seront vite découverts par les amateurs du genre).

Huis-clos oppressant, qui n’est pas sans rappeler Fenêtre sur Cour d’Hitchcock, ou plus récemment La Fille du train de Paula Hawkins, à l’écriture fluide et entrainante.

Les clins d’oeil aux polars classiques en Noir et Blanc participent à la création de l’atmosphère suffocante.

Un bon livre à lire pour cet été donc…

Synopsis :

Elle a tout vu, mais faut-il la croire ?

Séparée de son mari et de leur fille, Anna vit recluse dans sa maison de Harlem, abreuvée de merlot, de bêtabloquants et de vieux polars en noir et blanc. Quand elle ne joue pas aux échecs sur internet, elle espionne ses voisins. Surtout la famille Russell – un père, une mère et un adorable ado –, qui vient d’emménager en face. Un soir, Anna est témoin d’un crime. Mais comment convaincre la police quand on doute soi-même de sa raison ?

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Faim de Vie de Mélina Hoffmann

« Il manquait quelque chose en moi. Je ne savais pas où chercher, alors j’ai commencé par le frigo. »

Faim de vie est le premier roman de Mélina Hoffmann, paru aux éditions Michalon en juin 2018.

Faim de vie, c’est un récit de vie émouvant qui nous transporte dans la vie d’une jeune femme qui appréhende le monde extérieur avec pour arme les troubles alimentaires. Parce que parfois nos expériences ne nous permettent pas toujours de trouver les bons outils, ou en tout cas pas tout de suite, l’héroïne se débat pour vivre malgré la maladie, vivre plus que tout, et apprend comment transformer ses fragilités en capacité de résilience.

La jolie plume de Mélina est attachante, touchante, et on se laisse emporter pour finir par dévorer (en 2 jours pour moi) ce roman, qui peut même se révèler une étincelle d’espoir pour les personnes atteintes de ce type de troubles, instructif pour ceux qui en découvre les mécanismes.

« Je dévore la vie pour que la bouffe ne m’avale pas. »

Synopsis :

« Il manquait quelque chose en moi. Je ne savais pas où chercher, alors j’ai commencé par le frigo.

10. C’est le nombre de messages que lui et moi avons échangés en quelques jours.
7. C’est le nombre de kilos que j’ai perdus, quelque part dans cet espace-temps.J’ai perdu le sommeil tout juste après l’appétit. Le premier me fatigue, le second m’arrange. Plus besoin de lutter contre quoi que ce soit, rien à vomir, ça rend la vie tellement plus simple. Mes proches s’inquiètent un peu, pas moi. Moi, je m’inquiète à l’idée que ça puisse  » aller mieux  » d’un jour à l’autre.
Parce que leur  » mieux  » n’est pas le mien.
Mais ça, c’est parce qu’ils pensent tous que je suis guérie. »

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